La Côte Sainte Hélène

Élément de relief remarquable, la côte Sainte-Hélène offre depuis son sommet un panorama saisissant sur l’Epte et le Pays de Bray. Site archéologique et historique auquel se rattachent des traditions populaires, elle abrite aussi des milieux naturels remarquables où s’épanouissent une flore et une faune rares en Picardie. À l’initiative de la commune, elle a été classée au sein de la réserve naturelle des larris et tourbières de Saint-Pierre-es-Champs.

Sa position élevée (190 m) et stratégique (débouché de l'Epte) fait de la Côte Sainte-Hélène un lieu de défense prisé dès l'âge de pierre. Des fouilles archéologiques entreprises en 1988 et en 1989 ont mis à jour des outils divers, des pièces de monnaie et des poteries témoignant de la présence humaine sur le site au néolithique et à l'époque gallo-romaine. La Côte représente aussi un lieu de culte. C'est à partir du XIe siècle que l'édification successive de 2 chapelles dont la dernière est nommée “Sainte-Hélène", renforce le caractère saint attribué à la colline Sainte-Hélène. Des pèlerinages et processions se pratiquaient alors sur le site et 13 sépultures ont été retrouvées au pied du Grand Tilleul. Depuis 2001, les processions reprennent chaque année sur le site.




Un circuit aux ambiances variées

Sur le versant nord, l’ambiance fraîche et humide favorise le développement de la forêt et d’une flore dite sub-montagnarde comme la parisette à 4 feuilles ou l’actée en épi. Sur le versant sud chaud et ensoleillé, la flore s’est radicalement modifiée et présente au visiteur curieux un tapis d’herbes rases peuplé de plantes de petites tailles. Ce milieu naturel est appelé pelouses ou encore larris en picard. Chaleur, ensoleillement, pauvreté du sol en éléments nutritifs et en eau dominent sur ce versant et ne permettent qu’à des plantes adaptées de s’y épanouir. Certaines d’entre elles sont dites "méditerranéennes" comme l’origan et le serpolet ou encore la lavande issue d’essai de plantation. D’autres espèces possèdent des réserves nutritives stockées dans un bulbe souterrain comme les 14 espèces d’orchidées actuellement recensées dans la réserve naturelle.
La profusion de fleurs attire de nombreux insectes, comme le damier de la succise ou encore la rare cigale des montagnes dont les cymbalises renforcent le caractère méditerranéen de ce versant.



Les pelouses calcaires sont des milieux naturels remarquables abritant une flore et une faune rares et menacées en raison de la disparition rapide de cet habitat dans le nord de l'Europe. Il reste aujourd’hui en Picardie moins de 5 % des surfaces en pelouses qui existaient au début du XXe siècle. C'est pourquoi il convient d'assurer une gestion et une conservation adaptées sur les 14 ha de pelouses de la Réserve Naturelle.